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Raconter, exprimer, témoigner… à chacun son histoire et ses souvenirs avec les Sahraouis

 

Un Regard De Femme

Des silhouettes colorées flottent dans le désert. Ce sont les femmes Sahraouies vêtues de leur mélafa. Elles sont les piliers de la société Sahraouie, elles sont au centre de la famille, au centre des villages. On les retrouve au gouvernement, au parlement ou dans les ambassades. Qu’elles soient lettrées, poétesses comme Na’ana, sages-femmes comme Nina, professeurs comme Fatimétu ou simples anonymes, elles forcent l’admiration tant leur courage est grand.

Un exemple tout simple : le montage et l’entretien des tentes. Pendant la guerre, les hommes se battaient, elles ont fui avec les enfants et les vieillards. Et depuis, c’est à elles qu’incombe la lourde tâche du montage de ces énormes tentes du HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés) en toile très épaisse. Une fois montées, elles les doublent entièrement de tissu cousu à la main. Et sous l’effet du vent et du sable, elles doivent souvent réparer ces toiles.
Un travail de titan !

Outre la charge entière de la famille, les femmes Sahraouies s’impliquent dans l’organisation du village. Ce sont elles qui assurent la redistribution des rations alimentaires accordées chaque mois (dans le meilleur des cas) par le PAM (Programme Alimentaire Mondial). Cette aide est prévue pour 125000 réfugiés, ils sont 158000. Et la liste des denrées est la même depuis 1976 ! Les mots « partage » et « entraide » prennent ici tout leur sens.
Une nouveauté cependant, depuis 2 ans elles ont droit aux serviettes hygiéniques mais seulement pour 10 mois ! Et la distribution aléatoire fait qu’elles ont souvent recours aux bouts de tissu. Elles accouchent sous la tente ou au dispensaire du village. Très peu vont à l’hôpital.

Et c’est comme ça que l’on rencontre des situations dramatiques. Telle cette femme des territoires libérés dont l’accouchement fut très difficile et qui a fait 7 heures de piste pour rejoindre l’hôpital de Rabouni, la tête du bébé mort entre les jambes. Malgré tout, les femmes Sahraouies s’assument en tant que femmes. Elles évoluent dans une société islamique modérée. Et c’est très courant de croiser des femmes divorcées. C’est l’homme qui doit partir laissant les enfants à la mère. Les nouvelles générations aimeraient pouvoir agir sur le contrôle des naissances car elles estiment qu’il n’y a pas d’avenir pour leurs enfants. Les femmes Sahraouies sont des femmes qui ont souffert, qui souffrent mais qui se battent au quotidien et souvent avec le sourire.

par Anne-Marie Jamesse
Mission dans les campements oct-nov 2009

 

Des nouvelles de l’école d »infirmières et de sages-femmes

Pour ma première mission avec ERM Pdl, j’ai retrouvé le désert et découvert un peuple en attente, un peuple oublié, un peuple qui sourit malgré tout. C’est au beau milieu de ce désert que se trouve l’école d’infirmières et de sages-femmes. Courageusement les huit professeurs assurent les cours. En cette rentrée 2009 c’est l’occasion de faire le point (pratiques à l’hôpital et présentation d’un cas concret pour les 2ème et 3ème années). Hélas les résultats sont décevants : manque de connaissances théoriques, fautes graves d’asepsie dans les soins et non maîtrise de l’espagnol. La raison principale incombe au recrutement des élèves. Tout d’abord le nombre (45 en 1ère année) puis leur niveau scolaire trop faible (en majorité fin de primaire). Mais le Ministre de la santé que nous avons rencontré, est confronté au problème majeur d’une jeunesse désœuvrée et ne veut pas revenir aux critères de sélection définis avec ERM Pdl. Il faudra donc s’adapter…

par Anne-Marie Jamesse

 

Des jeunes solidaires

Ma sœur et moi avons décidé au début de l’été dernier de faire une action pour aider des gens qui en ont besoin. C’est ainsi que nous avons choisi Enfants Réfugiés du Monde, et répondu plus particulièrement à Nina, sage femme sahraouie, qui tient un dispensaire à Smara, campement de quarante mille habitants. Sachant combien les jeunes mamans sont démunies, nous avons pensé acheter du matériel afin que Nina puisse remettre à chaque femme venue accoucher un nécessaire contenant: un paquet de couches, un body, un pyjama, un bavoir, un savon et une serviette de toilette.
Nous avons donc décidé de confectionner et vendre à nos amis et notre entourage, des trousses de maquillage et de toilette au profit de ce projet. C’est ainsi qu’au début de l’été, nous nous sommes mises à nos machines à coudre pour confectionner nos trousses. Nos ventes s’avèrent être un succès et notre projet a enthousiasmé beaucoup de monde. Les cinquante « kits naissances » sont donc terminés et devraient parvenir bientôt à Nina…

par Camille et Jeanne

 

Parcours d’un élève infirmier sahraoui

Hafed est arrivé claudiquant, séquelles de la polio qu’il a contractée enfant. Du campement de Dakhla, où il habite, il sait qu’il ne rentrera dans sa famille que tous les trois mois. Elève motivé, très apprécié de ses professeurs il sortira major de sa promotion au bout de ses trois années d’étude. Il intègre très rapidement le collectif des professeurs de l’école, il y enseigne les protocoles de soins et l’apprentissage des pratiques. Très professionnel, compétent, sollicité par les élèves il remplira cette fonction durant 3 ans.

Durant les vacances Hafed assurait la maintenance de l’école et gardait le matériel laissé par les élèves.
Il est parti ensuite exercer le poste d’infirmier-chef à l’hôpital de Dakhla et se rapprocher de sa famille.
Il va mettre là aussi toutes ses compétences à soigner, soulager, écouter, rassurer ceux qui en ont besoin sans compter son temps. Pour lui, former reste une priorité, il va mettre en place avec Jnaza (infirmière sortie de l’école) des cours de formation pour les auxiliaires (aides-soignantes).
Nous l’aiderons à élaborer son programme.
Cette formation de grande qualité a permis de renforcer les équipes soignantes dans les dispensaires et les hôpitaux.
Aujourd’hui il n’y a plus de médecin à Dakhla, Hafed a une lourde responsabilité, celle de faire des diagnostics, prescrire et assurer le suivi des malades dont il a la charge. Quand un cas plus compliqué se présente il le fait évacuer sur l’hôpital de Rabouni situé à 180 km. Nous avons eu la chance de travailler avec Hafed. Nos échanges restent des moments privilégiés, chaque rencontre renforce cette amitié. Malgré ce parcours remarquable, il reste d’une grande humilité et d’une grande humanité.

par Colette Blais (Infirmière bénévole, membre du CA)

 

 

Enfants d’ici ou d’ailleurs

Dix jeunes Rezéens, âgés d’une quinzaine d’années, ont crée une association temporaire pour monter le projet d’aller dans les campements. Nous sommes revenus le  2 novembre de ces 10 jours inoubliables dans les campements Sahraouis. Cela faisait 2 ans que nous travaillions sur ce projet, celui d’aller enfin, après des années d’accueil des enfants Sahraouis dans nos familles, découvrir à notre tour leur culture et leur mode de vie. Nous n’avons pas été déçus : nous avons fait là-bas des rencontres exceptionnelles nous ayant encore plus donné envie de tout faire pour réaliser la seconde partie de notre projet: accueillir les jeunes Sahraouis rencontrés sur place dans nos familles.

Nous nous lançons à présent dans la réalisation d’un film sur notre voyage contenant des images et des interviews prises dans les campements, que nous montrerons aux partenaires nous ayant soutenus pendant le projet. Puis nous reprendrons nos actions d’autofinancement. Ce projet restera à jamais gravé dans nos mémoires et, nous l’espérons, dans celles des jeunes Sahraouis.

 Par Anaïs

 

 

Voyage Découverte dans les Campements (17 avril au 2 mai 2009)

Comment résumer en si peu de lignes deux semaines dans le Sahara à la découverte du quotidien des réfugiés Sahraouis ? Patricia, conseillère municipale de Saint-Nazaire, Colette, Monique, Alain, Jean, Jean-Noël et Michel, Isabelle, journaliste au «Petit Quotidien » et Tiphaine qui se rend au campement du « 27 février».
Ali Bouya et Colette vont nous guider dans les campements et nous faire rencontrer de nombreux responsables Sahraouis et les familles.
A l’hôpital national et la maternité de Rabouni , nous rencontrons son directeur qui insiste sur les droits humains : de vivre, de manger, d’apprendre.
Les chirurgiens d’O.N.G.viennent en renfort pour des missions ponctuelles.
Puis ce sera la visite du campement du « 27 février » (1976 : date de l’indépendance). Les enfants de la classe de français nous chantent des chansons françaises mais aussi l’hymne Sahraoui. Nous poursuivons par le musée et la maison de l’artisanat avant de faire une halte près d’une fabrique de briques en terre pour la construction des habitations.

A côté, des chameaux attendent, dans un enclos, le boucher. Nous poursuivons par la visite de Smara, le responsable du centre culturel nous fait découvrir l’espace femmes avec le salon de coiffure et d’apprentissage, la bibliothèque et aussi l’initiation à l’informatique. Très isolée se trouve l’école d’infirmières et de sage-femmes où ERMPDL intervient. Les élèves, parfois mères de familles, vivent en internat.
A plus de deux heures de piste on arrive au collège du «12 octobre».
Les 650 élèves de 12 à 17 ans vivent en internat et ne rentrent en famille qu’aux vacances..
A Dakhla, le camp le plus isolé, Elisabeth nous sert de guide pour visiter : l’école du bois des handicapés, le centre d’éducation spécialisé et la maison des femmes. Nous avons un entretien politique avec le Wally (préfet) de la wilaya . Nous visitons le jardin de 12 ha sous la responsabilité de femmes agronomes. Les légumes et tomates (50 tonnes/an) sont prioritairement pour les malades.

A Smara c’est la journée annuelle de la santé, Monique et Colette reçoivent, pour ERMPDL, un diplôme de reconnaissance du travail accompli.
Félicitations.
La visite du centre de rééducation et de prothèses, sous la responsabilité d’une équipe suisse du CICR, nous laisse apparaître les séquelles de la guerre.
Et nous partons pour la visite des territoires libérés : Tifariti nous accueille avec son musée, son hôpital, nous sommes surpris de la fraîcheur du temps et de la force du vent.
Houcine Mohamed docteur en archéologie et Mohamed directeur de l’information nous accompagnent ainsi que deux étudiantes anglaises en archéologie. Nous visitons le site de peintures rupestres et les enclos de pierres tombales où a été exhumé il y a 3 ans le squelette d’un homme de 2m50 !
Lors du retour nous passons par un site ou des représentations d’animaux sont gravées sur des pierres. Nous nous arrêtons près du mur de sable érigé par les Marocains et nous apercevons très bien les militaires qui montent la garde.

A El Ayoun, autre campement avec ses jardins familiaux, l’accueil est, comme partout, très chaleureux.

Le thé nous est offert par une famille sous une tente.

 

Alien profite de notre présence pour nous confier quelques travaux à l’école d’infirmières.
C’est notre dernier jour au Sahara et nous laissons Monique et Colette poursuivre leur mission.

 

par Jean Bercegeay

 

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