Vie dans les campements

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Organisation des campements de réfugiés Sahraouis : Tindouf, Algérie

 

L’organisation politique, sociale, administrative Sahraouie et l’aide internationale permettent à environ 165 000 personnes réfugiées de survivre dans un désert hostile sans ressource en eau, sans végétation.

Les campements sont situés au sud-ouest de l’Algérie dans la hamada de Tindouf, désert aride et inhospitalier.

On compte 4 grands campements, avec le statut de département, chacun portant le nom d’une grande ville du Sahara Occidental : El Aiûn, Aousserd, Smara, Dakla, Boujdour.

Les campements sont divisés en 6 ou 7 daïras (communes) qui portent le nom de petites villes du Sahara Occidental. Chaque daïra est divisée en barios (quartiers) . Le Wali (Préfet) est l’autorité du campement dans lequel on trouve un hôpital, un collège. Chaque daïra a une mairie, un maire élu et son conseil municipal, une école primaire et un dispensaire.

Rabouni est le centre administratif des campements (présidence, ministères, administrations diverses etc..) et également siège de la télévision, radio, média…

Un souk avec de petits commerces s’y est installé comme dans chaque campement, permettant d’acheter quelques denrées.

La survie des réfugiés est liée au soutien des instances de l’ONU : Plan Alimentaire Mondial (PAM), Haut Commissariat aux Réfugiés (UNHCR). Les échanges internationaux sont vitaux. La survie dans le désert inhospitalier est une lutte permanente : la scolarisation des enfants, le services de santé, la formation des adultes, l’artisanat et l’accès à la culture.

 

La Ration Alimentaire par personne et par mois :

Par le PAM Par une ONG
8 kg de farine + levure 2 oeufs de leur production
2 kg de riz et d’orge 1 boîte de maquereau
2 kg de légumes secs (lentilles ou haricots secs) 1 kg d’oignons
1 kg de mélange blé/soja 1 kg de pommes de terre
1 litre d huile 500 gr de carottes
1 kg de sucre + thé 500 gr de pommes ou d’oranges
  1 biscuit multi vitamine/jour pour les enfants scolarisés.

 

L’Aide Internationale dans les campements de réfugiés Sahraouis :

  • L’algérie : Elle accueille la population réfugiée et reste très solidaire par l’apport de gaz, de gasoil, pompage et désinfection de l’eau, vaccinations, accueil et prise en charge à l’hôpital de Tindouf de réfugiés ne pouvant être soignés dans les hôpitaux des campements, etc.
  • Le PAM : Le Programme Alimentaire Mondial fournit l’aide alimentaire depuis 40 ans. Les réfugiés sont nourris avec les surplus alimentaires mondiaux et leur ration n’a pas évolué, ni en qualité, ni en quantité, ni en diversité. Mais ces rations sont loin de couvrir les besoins de base : le PAM n’assure que 125000 rations alors qu’ils sont plus de 160  000 réfugiés. A cela peut se rajouter les aléas de la distribution. Et l’on constate que le lait a disparu de la liste des produits distribués !!! Ce qui explique que cette alimentation quasi identique au fil des années, pauvre en calcium, vitamines et protéines, entraîne des carences, la malnutrition ou dénutrition et un taux élevé d’anémies aiguës ou chroniques, particulièrement chez les femmes et les enfants. Quant à l’eau chargée en iode, fluor et métaux, induit également des maladies, principalement de l a thyroïde, des problèmes dentaires et des diarrhées sévères.

 

  • UNHCR : Le Haut Commissariat aux Réfugiés, organisation de l’ONU soutient de nombreux programmes à travers les Organisations Non Gouvernementales ou associations. Son action est fondamentale. Budget total : 9 MD
    Les fonds du PAM et du HCR proviennent de pays donateurs et d’ECHO (fonds européens).
  • La MINURSO Mission des Nations Unies pour la mise en place du Référendum au Sahara Occidental. Elle veille au respect du cessez le feu signé en 1991. Budget : 45MD
  • Les ONG : Croix Rouge Internationale, le Croissant Rouge Sahraoui, l’AECI –Agence de Coopération Espagnole-, Médico Del Mundo, de très nombreuses ONG, d’associations étrangères et françaises sont présentes sur place. Elles contribuent, en partenariat avec les autorités sahraouies, à la survie de la population réfugiée.

La fondation MANU CHAO nous accompagne pour l’aide matériel
pour les centres d’accueils d’handicapés dans les campements

 

Principaux programmes financés par le HCR et réalisés par des ONG Triangle, Médecins du monde Grèce, ERM Pdl, AFAD, …
– Les médicaments de base, l’équipement et consommables pour la radiologie et le laboratoire, …
– Aide au fonctionnement et à la formation pour l’école d’infirmière et de sages-femmes (ERM Pdl)
– Aide au centre des handicapés
– Distribution mensuelle de kits d’hygiène : 1 savonnette, 1 savon douche,1 shampoing, serviettes hygiéniques, …
– Le matériel scolaire et les indemnités des enseignants
– Equipement domestique : achats de jaïmas (tentes), de gazinières…
– Aide logistique pour le transport de l’eau, l’achat et la maintenance d’ambulances…
– Soutien à des projets de développement en agriculture et à l’élevage de 33000 poules !

 

La Vie Scolaire : le vent tourbillonne, soulevant des vagues de sable. Autour de l’école, posées en plein désert, quelques silhouettes blanches déambulent par petits groupes. Il est 9h30, c’est la récréation. Les cours ont commencé à 8h et se termineront à 12h50 pour le déjeuner qui sera suivi d’une sieste. Rien de plus normal puisque la température avoisine les 40° ! Les cours reprendront à 16h30 jusqu’à 18h30 laissant place à une soirée ordinaire : détente, révision des cours, dîner.

Le rythme scolaire : L’année se déroule de septembre à fin mai, avant les grosses chaleurs, entrecoupée de petites vacances en décembre et en mars. Les étudiants sont tous internes (internat mixte : un couloir pour les filles, un couloir pour les garçons). Le weekend s’étale du jeudi midi au vendredi soir. Certains étudiants repartent dans leurs familles dans les campements alentours, d’autres restent à l’école à cause de l’éloignement.

Une crèche dans l’école : Afin de permettre aux mamans d’étudier, l’école les accepte avec leurs enfants en bas âge. Elle dispose d’une crèche et d’une éducatrice qui accueille les enfants pendant les heures de cours. Le reste de la famille vit dans un des campements.

L’équipe pédagogique : Le directeur et toute son équipe subissent les mêmes contraintes que les élèves : ils vivent toute la semaine à l’école, éloignés de leur famille. Au mois de juin certains professeurs sillonnent les campements afin d’inscrire les nouveaux élèves. Mais ils subissent souvent la pression des familles et inscrivent des jeunes qui ne remplissent pas les critères définis pour être admis à l’école (ex : avoir le niveau lycée). C’est un réel problème contre lequel ERMPdl se bat puisqu’il remet en cause la qualité des futurs infirmiers.

par Anne-Marie Jamesse

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